Accordez-moi, Seigneur, ce vin qui est aussi nécessaire que votre précieux sang. Ce vin, sans quoi, tout ici bas est laid et maussade, ce vin qui rend la vie acceptable, et tolérables les foutus contemporains que vous m'avez données.
Léon Bloy

Ce blog se base sur les travaux de Joseph Bollery et du cher Emile Van Balberghe (+2024). Ce dernier laissera un grand manque parmi les bloyens, lui qui travailla sur Bloy jusqu’à sa mort.

LA lettre de Léon Bloy à Paul Verlaine

Mercredi 18 juin 2014 est passé aux enchères une lettre intéressante à Paul Verlaine, dont voici la photo diffusée sur internet : 

Pierre Bergé & Associés, 18 juin 2014 - n°6

Transcription :


Mon cher Verlaine,
Pourquoi ne me feriez-vous pas envoyer votre livre: Mes Prisons? Je veux croire que vous ne me faites pas l'injure de supposer que je suis devenu assez riche pour l'acheter à votre éditeur.
Au fait, vous souvenez-vous encore de moi? Vous avez un si grand nombre d'amis, ô Verlaine, que je n'ose, en vérité, m'approcher de vous.


Cette lettre, datée du 23 avril 1893, est doublement intéressante. Indiquée dans le Journal Inédit (I, 365), Bloy y note ceci : "Lettre à Verlaine, chez Vanier. Je lui demande son nouveau livre : Mes Prisons". Mercredi 26 avril, il reçoit le livre et note : "Reçu le petit volume de Verlaine Mes Prisons. Littérature de Pochard"

L'autre intérêt de cette lettre réside dans son caractère probablement unique : c'est la seule lettre connue de Bloy à Verlaine.

Par ailleurs, on connaît 2 ouvrages de Léon Bloy dédicacés à Verlaine : Le Désespéré et Sueur de Sang.

Nous remercions Emile Van Balberghe pour ces précieuses informations.

Concernant la relation Bloy/Verlaine, voici quelques détails intéressants :
Le 16 juin 1888, Huysmans écrit à Arij Prins (écrivain hollandais) : "Pour comble Bloy pendant ce temps-là est obligé de surveiller Verlaine qui veut se suicider." (lettre éditée dans Lettres inédites à Arij Prins, Librairie Droz, 1977).
Bloy et Huysmans veulent alors envoyer Verlaine chez un prêtre, l'abbé Dewez, ami d'enfance de Verlaine, mais qui ne donnera plus de nouvelles. Bloy, Huysmans et Guiches doivent donc le surveiller. Bloy n'écrit pas une ligne pendant ce temps, à en croire Huysmans (lettre du 1er juillet 1888 à Arij Prins)
Cette lettre fait probablement référence à cette période difficile de Verlaine dans laquelle Bloy est intervenu avec ses amis.

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